L’étanchéité à l’air

 

Afin de garantir la performance de l’habitat, l’enveloppe du bâtiment doit ainsi faire l’objet de toutes les attentions, que ce soit dans la réalisation du gros œuvre, comme dans la pose des menuiseries ou dans le traitement de tous les éléments la traversant (ventilation, plomberie, électricité,etc.)

Pourquoi faut-il qu’un bâtiment soit étanche ?

L’étanchéité à l’air est une thématique nouvelle qui est liée à la performance de l’ensemble de la construction.

Avant la RT2012, à cause des modes constructifs les performances des bâtiments étaient assez mauvaises, impliquant un surdimensionnement des systèmes de chauffages pour palier à la faible qualité de l’enveloppe du bâti et assurer que la température de confort dans le volume chauffé soit atteinte.

Les maisons peuvent être plus ou moins étanches, en fonction du soin porté par les entreprises à la réalisation, mais de toute façon, l’étanchéité à l’air n’est pas mesurée et la qualité de la construction n’est pas jugée par rapport au débit de fuites mesurée mais simplement par rapport à la satisfaction des conditions de confort.

Dans les années 1990, on observe les premières réflexions autour d’un nouveau concept : les bâtiments basse consommation avec notamment la construction de la première maison passive à Darmstadt en Allemagne.

En fait, plutôt que de continuer à augmenter les puissances des appareils de chauffage et consommer toujours plus d’énergie, il faut modifier en profondeur la manière de construire les maisons en améliorant l’enveloppe du bâti. Pour atteindre cet objectif il fallait réfléchir en même temps sur l’isolation, l’étanchéité à l’air (pour rendre effective la performance de l’isolation), et sur le renouvellement d’air (que l’absence de fuites rend nécessaire).

Concrètement, l’air qui pénètre en hiver dans un bâtiment est froid, il faudra donc dépenser de l’énergie pour le chauffer. Et, lorsqu’il va quitter le bâtiment, il emmènera cette énergie à l’extérieur! Une raison suffisante pour rendre le bâtiment étanche, afin de garder l’énergie à l’intérieur.

D’autres facteurs tous aussi importants sont à prendre en considération:

La condensation:

  • En hiver, l’air qui sort emmène avec lui de l’humidité. En s’échappant, l’air se refroidit et va condenser dès qu’une température de 9°C est atteinte. Si cela se produit au milieu des isolants, ceux-ci vont se charger en eau. Lorsqu’un isolant est mouillé, il perd ses capacités isolantes, va s’écraser et fournir toutes les conditions pour le développement de moisissures.
  • Les dégâts peuvent être d’un autre ordre si l’eau se condense sur la structure porteuse du bâtiment, particulièrement si elle est en bois : le risque est alors structurel.

La surchauffe:

  • En été, l’air chaud pénètre dans les bâtiments. Si on veut se protéger des surchauffes estivales, il faut aussi empêcher l’air de circuler librement de l’extérieur vers l’intérieur du bâtiment (notamment l’air parasite passant par les toitures).

Les nuisances sonores:

  • Etre étanche à l’air c’est aussi se protéger des bruits extérieurs dans votre bâtiment. Le bruit, c’est une vibration de l’air donc, si l’air traverse les parois, les vibrations passeront – et donc le bruit ! Des menuiseries extérieures « phoniques » peuvent être court-circuitées si l’étanchéité n’est pas faite correctement.

Que faire ?

Tout d’abord, si votre bâtiment n’est pas encore construit il est pertinent de se faire aider par des professionnels : architectes, bureaux d’étude thermiques ou spécialiste de l’étanchéité à l’air.

Mais d’une manière générale, pour rendre un bâtiment étanche, il faut « tout simplement » créer une structure continue à l’intérieur de celui-ci. Cette enveloppe est là pour éviter tout risque de condensation. Cette structure doit se trouver du côté chaud des isolants.

Cette structure étanche peut être réalisée de plusieurs manières:

  • Un enduit continu : (ex: le platre). C’est un excellent moyen de réaliser une structure étanche à l’air sur un mur, qu’il soit ancien (moellons, pierre, …) ou moderne (brique, agglos (blocs de béton creux), … )
  • De panneaux de bois (ex: OSB)
  • Une membrane spécialement dédiée à l’étanchéité à l’air (ex: freine-vapeur)

Attention toutefois à la nature et à la position de la structure d’étanchéité à l’air : c’est aussi à cette structure que l’humidité de l’air ambiant sera arrêtée, il convient donc de la positionner et de la sélectionner en connaissance de cause!

 

L’étanchéité à l’air, simple question de réglementation ?

Au-delà de l’aspect purement réglementaire et des économies d’énergie qu’elle engendre, une bonne étanchéité à l’air permet d’éviter des problèmes de condensation interne au sein des parois, mais peut aussi fortement influencer le niveau de confort thermique et acoustique d’un bâtiment.

L’étanchéité à l’air d’une construction définit sa capacité à empêcher le passage de l’air de l’extérieur vers l’intérieur… et inversement.

Les défauts d’étanchéité à l’air peuvent favoriser la formation de condensation interne risquant ainsi d’endommager l’isolant et de provoquer des pathologies.

 

Rendre étanche et ventiler en même temps… Contradictoire ?

Les fuites liées aux défauts d’étanchéité à l’air sont incontrôlables et réparties de manière inégale au sein du bâtiment. Elles entraînent un renouvellement d’air excessif dans certains locaux, les rendant parfois ‘inchauffables’. A contrario, il est fréquent que d’autres locaux au sein du même bâtiment soient très étanches à l’air, ce qui se traduit par un renouvellement d’air insuffisant est le développement de moisissures.

Les systèmes de ventilation hygiénique sont conçus et installés pour assurer la qualité de l’air intérieur dans tous les locaux, tout en limitant l’impact énergétique qui en résulte. Ils offrent en outre des possibilités de contrôle aux occupants. Comme les autres installations techniques du bâtiment, ces systèmes doivent être dimensionner correctement et nécessitent un entretien régulier.

On le voit, rendre les bâtiments étanches à l’air, tout en les ventilant de manière contrôlée sont deux impératifs complémentaires nullement contradictoires.